Exil & résilience
La Méditerranée : la nuit où j'ai failli ne jamais arriver
27 juin 2026 · 6 min de lecture
Il y a des souvenirs qu'on ne choisit pas d'oublier — ils restent simplement là, gravés dans la chair. La traversée de la Méditerranée est de ceux-là.
87 personnes dans un bateau de 20
Le départ avait été repoussé trois fois. Les passeurs changeaient leurs instructions à chaque heure. Et puis, un soir de février 2022, à minuit, on nous a dit : « C'est maintenant ou jamais. »
Nous étions 87. Des hommes, des femmes, des enfants. Serrés les uns contre les autres dans un bateau pneumatique défoncé. La cargaison humaine la plus précieuse du monde — et la moins protégée.
Les heures les plus longues
À 2h du matin, le moteur a calé. Les vagues étaient de 2 à 3 mètres. Deux femmes priaient à voix haute. Un homme pleurait en silence. Et moi, je fixais l'horizon noir en me disant que si je devais mourir ici, au moins j'aurais essayé.
« La peur n'était plus là. Elle avait été remplacée par quelque chose d'autre : une forme de paix étrange, totale. »
L'aube
À 6h14 du matin, j'ai vu les lumières. Les gardes-côtes italiens. Nous avons crié. Tous ensemble. Pour la première fois depuis des mois, nous criions de joie.
Je racontais tout cela dans le chapitre 28 de WHAT NEXT ? — avec les mots qui font mal et les mots qui libèrent.